Fourrure, Cuir, Laine & Soie

De quoi s’agit-il ?

Visons, renards, chinchillas, ratons laveurs, castors, zibelines, martres, chiens, chats, lapins, phoques… piégés dans la nature ou élevés dans les usines à fourrure…. Contrairement aux idées reçues, non, la fourrure ne repousse pas ! Cela vous semble évident et pourtant de nombreuses personnes le croient.

Chaque année, plus de 60 millions d’animaux sont tués pour leur fourrure (l’équivalent de la population française). Une partie de ces animaux sont piégés en pleine nature, et cela quelle que soit la saison. Pendant la reproduction, après les naissances, été comme hiver. Un animal piégé peut entraîner la mort de toute sa famille. Il peut agoniser plusieurs heures voire des jours,. Le plus utilisé est le piège à mâchoires qui se referme sur la patte de l’animal. Les os se brisent, les tissus se déchirent et leurs dents éclatent sur le métal lorsqu’ils essaient de s’en libérer. Environ un quart des animaux pris dans les pièges s’auto-mutilent et rongent leur membre afin d’essayer de s’échapper. Sur ceux qui réussiront à se libérer, la quasi-totalité mourra d’hémorragie ou d’infection suite à la blessure infligée. Les autres mourront de faim, de soif, de panique et d’épuisement, ou attaqué par un autre animal si le trappeur tarde à venir chercher son butin. D’autres animaux sont piégés accidentellement. On estime à environ 20 millions par an le nombre de ces animaux « déchets » (terme employé par les trappeurs)

9743078926_46227d4363_zMais la majorité de ces animaux proviennent d’élevages. Et là, ce sont les pires conditions de vie et de mort qui leurs sont destinées. Les animaux y sont confinés dans des cages minuscules, faites en majorité de grillages de toute part, pour éviter que la fourrure soit souillée par les excréments. Ainsi, leurs pattes se blessent et ils n’ont que peu de protection face aux intempéries. Ils y subissent des souffrances tant physiques que psychologiques et cela tous les jours de leur vie.

Leur nourriture est composée, outre les sous-produits de viande et de poisson, de carcasses d’animaux précédemment tués dans l’élevage. Pour ne pas abîmer la fourrure, ils sont gazés ou électrocutés. Souvent ils sont encore conscients lorsqu’ils sont dépecés.     

                 

Concernant les phoques, ils sont tués à coup de gourdin, de matraque ou de fusil, dès l’âge de 12 jours !  Chaque année ce sont des dizaines de milliers de phoques qui sont tués rien qu’au Canada. En Asie, ce sont des milliers de chats et de chiens qui  passent leur vie  enfermés dans des bâtiments insalubres, non chauffés. Les chats sont tués par pendaison, les chiens battus à  coup de gourdin ou saignés à mort.

Voici une petite vidéo (tout public)

Actuellement

L’Europe fournit 70% des visons et 63% des renards, avec 6 000 fermes réparties dans 16 pays différents (essentiellement au Danemark, en Finlande, en Norvège et aux Pays-Bas).

Le Danemark est le premier pays producteur de vison d’élevage avec 32% de la production mondiale. L’Argentine, la Chine, l’Amérique du Nord et la Russie sont d’autres grands pays d’élevages destinés à la production de fourrures. La Chine est d’ailleurs le premier pays producteur au monde de renards d’élevages : la main d’œuvre y est très bon marché et les lois pour la protection des animaux totalement absentes.

La France contribue aussi à ce marché. On y trouve une vingtaine d’élevages de visons (les «visonnières »), et autant d’élevages de lapins Orylag. (source Animalter)

L’importation et la commercialisation des peaux de chiens et de chats est interdite en France, depuis 2006. Néanmoins, l’exploitation de ces animaux familiers pour leur fourrure se poursuit en Asie. Et en France, leurs peaux sont vendues sous de faux noms (loup d’Asie, Wild dog, Goyangi, Wild cat, et tous les mots composés avec dog et cat) et utilisées dans la confection de figurine d’animaux ou  garniture  de vêtements, ou présenté comme de la fausse fourrure !

Au 21° siècle, nous n’avons plus besoin de nous vêtir de peau de bêtes. De nombreuses marques et stylistes ont cessé d’utiliser de la fourrure animale, mais l’industrie de la fourrure et ses énormes moyens financiers, avec la complicité de quelques couturiers, continuent à en banaliser le port.

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Élevage de fourrure en France (attention, images difficiles)

 

Quid du cuir, de la laine et de la soie ?

LE CUIR

Chaque année, l’industrie mondiale du cuir abat plus d’un milliard d’animaux. La plupart du cuir commercialisé aux États-Unis et en Europe vient d’Inde, de Chine et d’autres pays ne disposant d’aucune loi de protection des animaux, ou de lois qui sont en grande partie ou totalement inappliquées.

La plupart des animaux destinés au cuir souffrent de confinement, de surpopulation, de privation, de maltraitances et parfois même de tortures. Ils subissent aussi souvent le marquage au fer (brulure au troisième degré), la caudectomie (coupe de queue), l’écornage (coupe des cornes) et l’égorgement sans anesthésie.

L’achat du cuir contribue directement au développement des fermes-usines et des abattoirs parce que la peau est le sous-produit économiquement le plus rentable de l’industrie de la viande

L’usage du cuir par des gens sensibilisés au sort des animaux est principalement dû à une ignorance des réelles conditions de sa production. En effet, il faut savoir que le cuir n’est pas une simple conséquence de la mort de l’animal pour sa chair. Il s’agit bien d’une source de profit supplémentaire pour l’éleveur, au même titre que le sang de l’animal (engrais et aliments pour chiens et chats), ses poils (brosses), ses os et ongles (gélatine).

En savoir plus sur le cuir

Excellent article d’Ophélie Veron / Antigone21

 

LA SOIE

Les chenilles se construisent un cocon pour se métamorphoser. A l’âge de 10 jours, les cocons sont ébouillantés à la vapeur ou dans de l’eau bouillante de 70 à 80°C, avant l’éclosion du papillon. La soie est censée être plus fine à ce stade. La chrysalide doit être tuée sans abîmer le cocon. Si on laisse les cocons s’ouvrir naturellement à une extrémité pour libérer le papillon, on perd la continuité de la fibre. 15 chenilles sont ainsi sacrifiées pour obtenir 1 gramme de ce textile de luxe.

 

LA LAINE

Au premier abord, l’industrie de la laine ne semble occasionner la souffrance d’aucun animal. En effet, ne dit-on pas que l’on rend service aux moutons en les tondant ? Mais saviez-vous qu’à l’origine les moutons muaient d’eux-mêmes et que ce sont les éleveurs qui ont créé des races qui ne muent pas ? Cela n’aurait pas été bien grave s’ils s’étaient arrêtés là et s’étaient contentés de tondre les moutons… Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que leur objectif principal est de faire un maximum de profit et non de veiller au bien-être des animaux qu’ils exploitent.

L’Australie représente 30% de la production mondiale de laine, et reste donc le premier producteur et exportateur au monde (520 000 tonnes par an). En raison des conditions d’élevage (climat, surpopulation, manque de soins…) environ 30 % des agneaux meurent avant d’avoir atteint l’âge de 8 semaines. Le sort des 70 % de survivants n’est guère plus enviable…

Les principales races de moutons d’élevage pour leur laine sont les « Mérinos » que l’on a croisé avec différentes races de façon à présenter un maximum de surface de peau, donc de laine. La surcharge de leur laine cause l’affaissement de plusieurs moutons, leurs pattes cèdent sous le poids, et même la mort à cause de la chaleur pendant les mois les plus chauds. Ces moutons ont de tels replis de chair qu’ils ne peuvent même pas faire leurs besoins convenablement, ces replis accumulent de l’urine et des moisissures qui attirent les mouches et pondent leurs œufs dans ces replis, et l’éclosion des asticots (larves de la mouche à viande) dévorent littéralement le mouton sur pied.

mulesing01Ainsi, les moutons doivent subir une opération très douloureuse, pratiquée sans anesthésie, puisque les agneaux sont facilement maîtrisables. Celle-ci consiste à prélever de larges bandes de chair au dos de leurs pattes afin de prévenir d’éventuelles infections. C’est le moyen le moins cher, mais aussi le moyen le plus cruel et barbare pour combattre ces « attaques de mouche ». Ceci est censé créer des zones lisses après cicatrisation, mais certaines blessures s’infectent et les mouches continuent à attaquer, parfois jusqu’à la mort du mouton. Cette opération s’appelle le mulesing.

Les moutons n’échappent néanmoins pas à la tonte qui n’est guère moins douloureuse. En effet, comme les tondeurs sont payés au volume, ils travaillent le plus vite possible et manient la tondeuse avec brutalité. De plus, les moutons sont tondus au début de l’hiver (lorsqu’ils ont le plus de laine) si bien qu’ils endurent le froid en hiver (1 million en meurent chaque année) et doivent supporter leur épaisse toison en été.

Lorsque les moutons vieillissent, ils sont envoyés vers l’industrie de la viande, exportés au Moyen-Orient par bateaux ou camions surchargés. Ainsi, les deux filières sont étroitement liées. Ces animaux ne sont pas assommés avant d’être abattus et ils sont pleinement conscients lorsqu’ils sont traînés dans les abattoirs, ou sur des places de marchés où on leur tranche la gorge. On les entasse souvent sur d’autres moutons déjà égorgés, où ils se vident peu à peu de leur sang. Des moutons sont encore conscients au moment où leurs pattes sont sectionnées et où les bouchers commencent à les démembrer et les écorcher.

 

 

Et pour information, voici à quels animaux correspondent les matières ci-dessous, elles aussi sources de d’immenses souffrances et de morts cruelles :

 

Que pouvez-vous faire ?

LISTE DES MARQUES AVEC ET SANS FOURRURE : Vous trouverez ici un PDF listant les marques avec ou sans fourrure, travail réalisé et actualisé par Animalter

 

DISTINGUER LA VRAIE DE LA FAUSSE FOURRURE : Ce lien vous donnera de bonnes explications pour faire la distinction entre la vraie et de la fausse fourrure

 

  • Refuser la fourrure , la laine, la soie, le cuir

C’est possible car des imitations synthétiques parfaites existent, il suffit d’avoir l’œil et de vérifier les étiquettes. De nombreuses marques se sont déjà engagées à ne plus proposer de fourrure animale. Mais vous pouvez aller plus loin encore, en refusant de porter de la fourrure synthétique également. En effet, cela banalise le port de la fourrure, et maintient la mode de cette dernière. Comme l’on sait que la fourrure animale peut se retrouver à très bas prix, et que la confusion est facile, un boycott total est le choix le plus sage. En savoir plus

Concernant les alternatives au cuir, il existe le simili cuir, ou faux cuir en skaï (matière plastique), ou en latex (d’origine végétale)

Boutiques

  • Utiliser du matériel militant

Affiche Fourrure

Visuels Fourrure 1 / Visuels Fourrure 2

Tract Fourrure

Tract cuir

Tract Laine

 

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Pour aller plus loin

 

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