Cirque

De quoi s’agit-il ?

Alors qu’en Europe et dans le Monde, de plus en plus de pays abolissent la présence d’animaux sauvages dans les cirques (comme les Pays Bas en 2013, la Belgique et l’Angleterre en 2014), le débat en France reste totalement fermé.

Des actions de sensibilisation ont lieu de temps en temps dans différentes villes, devant les chapiteaux, où de petits groupes de militants protestent à l’aide de tracts et de panneaux. L’idée est d’aller à la rencontre du public, souvent des familles, qui emmènent leurs enfants assister à la triste captivité d’animaux dressés sous la contrainte et la violence physique et psychologique.

L’aspect festif, spectaculaire et comique des numéros exécutés par les animaux font souvent oublier que derrière les paillettes se cachent de grandes souffrances. Les animaux de cirques sont tenus prisonniers, isolés dans de petites cages, enchaînés jusqu’à 95% de leur vie, privés d’une socialisation normale et subissant la rudesse du transport à longueur d’année.

Obligés d’exécuter inlassablement les mêmes mouvements dépourvus de sens (si ce n’est d’échapper à la punition), privés de toute forme de liberté d’expression, beaucoup d’entre eux dépriment, dépérissent et se laissent même mourir. Aucun argument, qu’il soit économique ou autre, ne justifie l’esclavagisme.

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À la captivité forcée, s’ajoute donc la soumission à un dressage, le plus souvent violent. Il s’agit, en effet, de faire « plier » l’animal afin de le forcer à adopter une posture ou un comportement contre nature et qui entraine de lourdes séquelles physiques. Ce dressage repose sur une technique simple et efficace : la douleur infligée par le dresseur en cas de refus de l’animal doit être plus intense que la douleur ressentie par celui-ci lors des numéros qui l’avilissent. Ainsi, les instruments telle que la pique ou « ankus » employée pour soumettre les éléphants, sont-ils constamment utilisés afin de rappeler à l’animal les représailles violentes et douloureuses encourues en cas de refus de s’exécuter.

La réaction de l’animal, face à ces conditions de détention et de coercition, est entre autres la résignation dans la folie : l’animal sombre dans un état dépressif, amorphe et présente des troubles du comportement tels le léchage des parois de sa cage (primates, fauves…), le balancement d’une patte sur l’autre (éléphants, hippopotames…), les allers-retours incessants (félins), dodelinement de la tête (éléphants, ours…), les automutilations (primates, perroquets), etc…

 

« Je les attendais de pied ferme, fouet à la main (…), ils comprenaient très bien que l’explication entre eux et moi, sans témoins, allait être orageuse… (3) » (Jean-Richard, dompteur)

« … et lui faire comprendre la loi du gourdin dont un coup sur le nez devrait être un remède efficace pour lui ôter de nouvelles envies d’agression (4) » (Jean Richard – dompteur)

« L’animal doux qui a pris conscience de sa supériorité est le plus dangereux de tous les fauves. N’ayant jamais reçu une correction, il ne craint pas l’homme et rien ne peut réfréner son instinct déchaîné (5) » (Alfred Court – dompteur)

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Le cirque sans animaux

Contrairement aux idées reçues, le cirque est né sans présence d’animaux, grâce aux équilibristes, acrobates, clowns, jongleurs, à la fin du 18ème siècle. Et ce n’est que bien plus tard, vers 1880, que les frères Hagenbeck proposent un numéro mettant en scène des tigres et inventent la ménagerie. Les animaux qui la composent sont arrivés, comme les humains, dans les cales des bateaux coloniaux. Ainsi, le cirque avec animaux est un héritage direct du colonialisme. Une importation « exotique »…

 

Voici une liste non exhaustive de cirques sans animaux :

De nombreux cirques ne proposent plus d’animaux dans leurs spectacles, et cela n’enlève rien au plaisir de voir ces numéros.   

 

 

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Aussi dures soient ses conditions de vie, la place d’un animal sauvage est dans la nature et non sous un chapiteau à faire le clown ou enfermé dans une cage le reste du temps.

 

Actuellement

La réglementation s’est durcie ces dernières années, mais cela n’empêche pas de fréquentes infractions et maltraitances. Les textes s’y référant sont

  • L’ARTICLE L.214.1 DU CODE RURAL

« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce »

A ce titre, les cirques avec animaux sauvages sont hors la loi …

 

Entre autre, il faut savoir que le transport des animaux dans un véhicule publicitaire sonore est interdit. C’est une infraction que vous pouvez signaler à la DDPP de votre département (Direction Départementale de la Protection des Populations). Pour tout signalement d’animal maltraité, vous pouvez vous adresser à la police municipale ou bien encore à la DDPP (à privilégier, car ce sont eux qui connaissent le mieux la loi concernant les cirques).

Pour en savoir plus concernant la loi et les infrastructures, consultez CE GUIDE ! Vous y trouverez des réponses concernant la loi, les installations, les pouvoirs du maire, de la police, gendarmerie, et à qui vous adressez en cas de problème. Merci à Code Animal !

La Fédération des Vétérinaires d’Europe, soit 46 organisations dans 38 pays, recommande l’interdiction de l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques en Europe et a déclaré : « Leurs exigences physiologiques, mentales et sociales ne peuvent être atteintes de manière adéquates » (communiqué de presse FVE le 6 juin 2015).

Voici une liste de pays appliquant des interdictions dans le domaine :

  • Interdiction d’utiliser des animaux dans les cirques : Chypre, Grèce, Malte et Bolivie, Autriche, Bosnie Herzégovine, Croatie, Slovénie, Colombie, Costa Rica, Salvador, Panama, Paraguay, Pérou, Singapour, Israël et Mexique, Belgique, Bulgarie et Pays-Bas
  • Interdiction nationale d’utiliser certaines espèces dans les cirques : République tchèque, Danemark, Finlande, Portugal, Suède, Equateur et Inde
  • Interdiction nationale d’utiliser les animaux nés dans la nature dans les cirques : Estonie, Hongrie et Pologne
  • Interdictions locales d’utiliser les animaux dans les cirques : Irlande, Norvège, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Argentine, Brésil, Chili et Australie

 

En France, de plus en plus de Maires de grandes villes et communes françaises évoluent plus rapidement que nos gouvernants comme dernièrement le Maire d’Ajaccio, La Ciotat, Lescar, Roquebrune-sur-Argens, Thaon Les Vosges-Girmont-Oncourt, Truchtersheim en Alsace pour ne citer que les décisions les plus récentes.

 

 

Que pouvez-vous faire ?

 

  • Ne pas cautionner cette souffrance et choisir des cirques sans animaux
  • Signaler toute pratique ou installation illégale auprès de la mairie mais surtout de la DDPP qui est souvent plus réactive. Le mieux est de téléphoner (plus rapide et plus facile à expliquer) sinon voici une lettre type.
  • Défendre les droits des animaux en sensibilisant votre entourage, en rejoignant une association, en imprimant des tracts à distribuer autour de vous …

Tract pour les commerçants

Tract Code Animal

Petit livret Code Animal

Plus de tracts et visuels A3 sur demande

 

de ne plus accueillir de cirques avec animaux : vous pouvez lui proposer de prendre un arrêté d’interdiction, en suivant ces modèles ci : lettre ici  / arrêté ici

de sanctionner l’affichage sauvage illégal des cirques contre lequel trop peu de communes réagissent. Lettre type pour faire un signalement. Vous pouvez aussi faire la même chose en téléphonant à la mairie et en demandant le cabinet du maire. Le maire doit faire enlever les affiches, il n’y a aucune dérogation possible. Seuls sont autorisés les affichages sur les espaces réservés aux associations. Quoi qu’on puisse vous dire dans les mairies, le maire se doit de faire appliquer le code de l’environnement et toutes les publicités pour le cirque (salon du chiot, chasse etc …) disposés sur l’espace public,  sont interdites.

 

Pour aller plus loin

 

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