Le dressage dans les cirques

« Il est important de nouer une relation de confiance, d’éviter le stress pour que les animaux prennent plaisir à travailler. »
Sandro Montez, dresseur du cirque Pinder
(la Nouvelle République, 2018)

Est-il possible de dresser des animaux sauvages sans violence ? S’il est évident que la violence n’est pas la seule méthode utilisée, les outils du dressage sont bien documentés : l’ankus (pique recourbée au bout d’un bâton), le fouet, la fourche, voire le shocker électrique…

« Un ankus n’a jamais été considéré comme un guide. L’ankus est conçu dans un but, et un seul but : infliger la douleur et la punition. Je dois bien savoir, j’ai assez eu l’habitude de les punir. »

Samuel Dewitt Haddock Jr., ancien dresseur
du cirque américain Ringling Bros.
(Montgomery 2009 ; Code Animal 2018, p.65-66).

L'ankus, utilisé pour le dressage des éléphants.
Source : https://www.flickr.com/
Un ours du cirque Kinos,
dressé par Sacha Poliakov

Outre l’intérêt évident de la punition pour le dressage de l’animal en général, la punition devient indispensable dès qu’il s’agit de faire faire à l’animal des mouvements contraires à sa morphologie ou à ses comportements naturels. On oblige par exemple les éléphants à s’asseoir, à se coucher, à faire le poirier, à marcher régulièrement sur les pattes arrières.

« Savez-vous comment on arrive à faire danser le twist à un ours ? C’est Mikhaïl Simonov, le grand dresseur, qui me l’a appris. Il vous faut deux bâtons hérissés de pointes. On les place à la hauteur des cuisses de l’ours et on le pique alternativement d’un côté, puis de l’autre. En même temps, on lui donne à manger.« 

Vladimir Dériabkine, ancien dresseur d’ours
(Kojemiakine 2003).

Ces pratiques sont monnaie courante en France comme ailleurs, l’idée étant de dominer les animaux, d’instaurer une relation de force, grâce à l’ « impuissance acquise » (Nolen s.d.) qui permet au dresseur d’avoir de moins en moins besoin d’appliquer concrètement les sanctions pour se faire obéir, l’animal ayant appris que la résistance était futile.

« Le soir quand on passait devant ce camion, les chimpanzés hurlaient dedans. J’ai eu l’indélicatesse de regarder, il avait mis des anneaux dans le camion, ils les attachaient et il leur donnait des coups dans la figure. […] Il avait un cheval, un cheval excellent. Ce cheval derrière le rideau, il lui tapait sur le genou pour qu’il plie le genou et se mette à genoux avant de rentrer en piste. […] Si j’avais du pouvoir dans les cirques, il n’y aurait plus de bêtes sauvages, des animaux domestiques peut-être et encore sous surveillance à savoir comment ils sont traités. »

Témoignage d’un ancien clown
ayant travaillé dans de nombreux cirques français
(Code Animal 2018, p.69).

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