Cirque et patrimoine ?

« Ça fait partie de notre patrimoine culturel ! »
Christian Caffy, délégué général du collectif des cirques animaliers
(France Culture, 2018)

Le cirque moderne est né à la fin du 18e siècle avec notamment Philip Astley, grâce aux équilibristes, acrobates, clowns, jongleurs. Les chevaux étaient bien présents et utilisés pour les numéros d’acrobatie, mais aucun animal sauvage n’apparaissait alors dans les cirques. Les animaux sauvages ont d’abord été exposés en ville (Hachaliah Bailey a acheté l’éléphante « Old Bet » en 1808 dans ce but), puis dans des ménageries fixes ou itinérantes, où apparaissent les premiers numéros issus du domptage (comme celui d’Isaac A. Van Amburgh, surnommé « The Lion King », dès 1833). Le premier numéro mettant en scène des tigres dans un cirque semble avoir été permis par la création de la « cage centrale » en 1889 par Wilhelm Hagenbeck (Jacob 2002, 2016a, 2016b).

La "cage centrale" de Wilhelm Hagenbeck
© Bibliothèque nationale de France
Intérieur de l’Amphithéâtre Astley de
Westminster Bridge Road à Londres, en 1808
© Bibliothèque nationale de France

Ces animaux sont arrivés, comme les humains, dans les cales des bateaux coloniaux. Ainsi, le cirque avec animaux est un héritage direct du colonialisme, qui exposait aussi bien les indigènes humains que les animaux sauvages au regard des occidentaux avides d’exotisme.

À la même époque, les protestations contre les mauvais traitements infligés aux animaux ont commencé , notamment grâce à la création des sociétés pour la prévention de la cruauté envers les animaux dès 1824. La société américaine (ASPCA) a notamment été opposée à P.T. Barnum de 1867 à 1880, perdant face à l’opinion publique sur la base de diffamations et autres manoeuvres habiles de Barnum (Wilson 2015, p.27).

Nous ne sommes pas contre les cirques, ni contre les circassiens, mais contre l’exploitation des animaux. Depuis les années 1970, des cirques sans animaux se développent, préférant au domptage des numéros de théâtre et de danse et instaurant parfois un fil narratif dans les spectacles (Code Animal 2018, p.3). Parmi les cirques sans animaux, on trouve notamment le Cirque du Soleil ou le Cirque Phénix (liste non exhaustive : animalter 2013).

Le cirque Phénix a remplacé ses animaux par des marionnettes, rappelant la magie de l'imagination
L'éléphante Mary a été pendue en 1916 aux États-Unis
après avoir tué un de ses dresseurs.

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