La captivité dans les cirques

« Si les animaux avaient un passeport, ils préféreraient vraiment venir dans notre cirque que rester là-bas ! »
Christophe Herry, directeur artistique du cirque Medrano
(France 5, 2014).

L’aspect festif, spectaculaire et comique des numéros exécutés par les animaux font souvent oublier que derrière les paillettes se cachent de grandes souffrances. Les animaux de cirques sont tenus prisonniers, isolés dans de petites cages, parfois enchaînés, privés d’une socialisation normale et subissant la rudesse du transport à longueur d’année. La pollution sonore, souvent gênante pour les humains, l’est d’autant plus pour des espèces qui entendent les infrasons (notamment les éléphants) ou les ultrasons (notamment les félins, mais aussi les bovins, les chiens et les chevaux), générés par les transports, la vie urbaine et les concentrations de populations.

Dans la nature, malgré les dangers, la plupart des animaux ont à disposition de grands espaces, une liberté totale, la possibilité de se cacher pour les solitaires (comme l’ours), de socialiser pour les autres (marquage du territoire, jeux, comportements sexuels variés, etc.). Lions, tigres et éléphants, qui se craignent et s’évitent dans la nature, se retrouvent dans le cirque exposés aux odeurs et aux sons des autres, parfois dans des cages contiguës. Le marquage du territoire, pérenne dans la nature, est mis à mal par la taille réduite des cages, mais aussi par leur désinfection régulière, effaçant les repères odorants (Code Animal 2018, p.18).

D’après la réglementation en place depuis 2013, l’espace minimum autorisé pour des babouins est de “6m² par animal (jusqu’à 3 animaux ; au delà de 3 animaux, 2m² par animal supplémentaire)”, pour une hauteur minimale de 2,5m et des équipements pour se cacher et jouer.

Des animaux libres de voyager entre les arbres sur de longues distances dans la nature se trouvent alors enfermés dans un cube qu’ils peuvent finir d’explorer en moins d’une minute. Les obligations ne sont pas plus contraignantes pour les animaux domestiques, privés de leur liberté de se déplacer, voire même entièrement privés de mobilité (voir par exemple les chevaux du cirque Roncalli en France en 2015).

De plus, la loi a bien du mal à se faire respecter. Une étude récente en Suède a montré que 42% des cirques suédois ne respectaient pas les minimums d’espace à accorder aux animaux, et que 39% ne respectaient pas les besoins en enrichissement de ces espaces (Hitchens et al. 2017). En France, les contrôles sanitaires sur les animaux ont lieu en moyenne tous les deux ans pour un cirque. Un cirque sur trois est alors révélé en non-conformité pour un ou plusieurs animaux. Cependant, pour pouvoir retirer un animal au cirque, il faut trouver une structure agréée, ayant les moyens d’accueillir l’animal, ce qui n’est que trop rarement le cas (France 5, 2014). One Voice raconte le cas de Samba (renommée Tania par le Cirque Europe International), éléphante maltraitée, pour qui une plainte a été déposée, sans que rien ne soit fait même après ses tentatives d’évasion dont une a entraîné la mort d’un passant. Samba vivait encore dans les mêmes conditions plus de dix ans après le premier signalement (One Voice 2014, p.6).

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