Compte-rendu du happening pour la fin de la corrida, le vendredi 31 mai 2019

Alors que la saison de corrida bat son plein, à la veille de deux manifestations en Gironde (Captieux le 2 juin, la Brède le 22 juin), nous avons collaboré avec le Collectif Landes Anti-Corrida pour organiser un happening sur la place Saint Projet le vendredi 31 mai de 17h à 20h, afin d’appeler la fin de la corrida.

Et la corrida est un sujet qui fédère : une quarantaine de militant·es, venant parfois de loin, se sont réparti·es entre distribution de tracts et de pétitions, animation des stands, lecture d’un discours écrit pour l’occasion et happening avec cornes, banderilles et faux sang au croisement des rues Sainte-Catherine et Saint-Projet. En trois heures, nous avons recueilli presque 300 signatures pour la pétition de 30 millions d’amis et sensibilisé de nombreuses personnes, dont beaucoup ignoraient encore que des corridas se pratiquent en Gironde.

Alors que 74% des français·es sont favorables à l’interdiction de la corrida aujourd’hui (contre 67% en 2015), il serait temps que le gouvernement légifère.

Pour rappel, la corrida est apparue en France au milieu du 19e siècle et y a été immédiatement interdite et punie par la loi. En 1951, l’alinéa 7 à l’article 521-1 du Code Pénal a dépénalisé la corrida en France pour les communes dans lesquelles elle constituait alors une « tradition ininterrompue »… ininterrompue en fait parce que les communes en question l’avait pratiquée de façon illégale pendant près de 100 ans.

Si Bayonne ou Dax peuvent se targuer de cette histoire de corrida vieille de plus d’un siècle et d’arènes en dur, ce n’est pas le cas de La Brède : ce n’est qu’en 1997 que cette commune, située à 18 km au sud de Bordeaux, se lance dans le spectacle taurin, quitte à installer tous les ans, au mois de juin, des arènes mobiles qui peuvent accueillir jusqu’à 4000 personnes. Le projet émane de la municipalité dirigée depuis 1995 par l’avocat Michel Dufranc (RPR, puis UMP et LR) dont la passion pour la culture taurine n’est pas un secret. Il est d’ailleurs l’avocat de l’Observatoire National des Cultures Taurines. À la traditionnelle fête de la Rosière, qui se perpétue depuis 1824 à La Brède, aux environs du solstice d’été, le maire décide donc de greffer une féria avec corrida. Un choix qui confère à La Brède le statut de ville taurine la plus septentrionale.

Quant à Captieux, en 1964, ce village commença à organiser des novilladas, des corridas avec de jeunes toreros à la place des traditionnelles courses de vaches landaises. L’espagnol Paquirri, alors jeune novillero inconnu, s’y est produit en 1965. Captieux est membre de l’Union des villes taurines françaises. Un marathon de rugby à sept est également désormais organisé la veille de la novillada – ces festivités sont dénommées Rugby y Toros.

Merci à Pascal pour les photos.

Pour les animaux, ne lâchons rien.

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