ACTA Gironde – Antispécisme, Véganisme et Droits des Animaux

ACTA · Bilan 2019

C’est toujours agréable de regarder en arrière et de voir ce qui a été accompli. Aujourd’hui, on vous parle donc de ce qui s’est passé entre le changement d’équipe à l’été 2018 (avec le départ de Michel, notre ancien président, et l’arrivée de Stefania, Aurore, Nicolas et Roxane, aux côtés de Valérie) et la fin de l’année 2019. Pour faire très bref, il s’agit de nouveaux supports de sensibilisation, de beaucoup de mobilisation concernant l’exploitation des animaux par les cirques, et de plusieurs actions en collaboration avec les associations locales, autour des poissons, de l’expérimentation animale, de la corrida, de la fourrure et de l’exploitation des chevaux et des juments.

(01/12/18)
(19/12/18)
06/01
20/01
03/02
25/02
07/04/2019
26/05/2019
31/05/2019
05/06/2019
01/09/2019
07/09/2019
14/09
22/09/2019
10/10
19/10/2019
07/11/2019

Les cirques avec animaux

Nous avions prévu un gros événement pour la Journée Internationale pour les Droits des Animaux, en décembre 2018, qui a dû être annulé avec les débuts des manifestations des gilets jaunes et l’incertitude concernant les réactions de la police. Les premières actions ont donc concerné les cirques.

De décembre 2018 à février 2019, nous nous sommes largement mobilisé·es face à la venue du cirque Médrano au Bouscat (trois manifestations : 1 / 2 / 3) et du cirque Arlette Grüss à Bordeaux (deux manifestations : 1 / 2).

Au Bouscat, notre présence a motivé Frédo Douchet, responsable du cirque Nicolas Zavatta (qui amenait les animaux pour le cirque Médrano), à parler et à nous faire voir d’un peu plus près les camions. À Bordeaux, Sud-Ouest a organisé une rencontre avec Georgika Kobann (co-fondateur du cirque Arlette Grüss) et William Pedersen (invité avec ses manchots et ses otaries), qui a donné lieu à un article dans le journal.

Dès janvier, dans l’optique de répondre à l’appel national lancé par Paris Animaux Zoopolis lors de l’Assemblée Générale Antispéciste, nous avons commencé à contacter les mairies de la métropole pour demander de rencontrer les maires et mairesses afin de les motiver à adopter le vœu proposé par Code Animal, demandant au gouvernement d’interdire l’exploitation des animaux sauvages par les cirques. La mairie de Talence nous a reçu·es en avril, mais n’a pas donné suite à nos demande, ne voulant pas imposer le vœu sans avoir l’unanimité. La mairie d’Artigues, rencontrée début mai, avait l’air intéressée, mais n’a pas donné de nouvelles depuis malgré quelques relances. La mairie de Cenon, également rencontrée début mai, n’a pas vu l’intérêt du vœu dans la mesure où la ville de Cenon n’aurait bientôt plus de lieu où accueillir des cirques de toute manière. Bruges, Floirac, Lormont, Villenave d’Ornon et d’autres mairies contactées n’ont jamais donné suite à nos demandes, malgré plusieurs relances.

Nous avons insisté auprès du Bouscat, vu son accueil annuel du cirque Médrano, mais malgré 13 appels entre février et juillet, tout ce que nous avons pu obtenir est un échange de quelques minutes au printemps avec un conseiller du maire, qui a avoué lui-même que cette question ne relevait pas de sa compétence.

Enfin, le cas de Bordeaux est particulier. Le 4 février, les élu·es EELV ont voulu proposer au conseil municipal d’adopter un arrêté d’interdiction des cirques avec animaux sauvages à Bordeaux. Alain Juppé a refusé de mettre cet arrêté au vote, dans la mesure où ce type d’arrêté, bien qu’adopté dans de nombreuses villes en 2019, est illégal et se voit systématiquement annulé lorsque les associations de circassiens l’attaquent en justice (ce qui a été le cas pour Mérignac, et peut-être depuis pour Pessac et Bègles). Le 25 février, alors que la mairie de Bordeaux n’avait toujours pas répondu à nos sollicitations pour un rendez-vous, nous avons organisé une manifestation devant la mairie, en coalition avec L214, Anonymous for the Voiceless et le Parti Animaliste.

En avril, Fabien Robert (adjoint à la mairie – qui allait devenir premier adjoint de Nicolas Florian au départ d’Alain Juppé) nous a reçu·es, et nous a mené·es en bateau, disant que s’il accédait à notre demande, nous demanderions toujours plus. Il semblait apprécier les idées de Jocelyne Porcher et être fier d’avoir invité Bartabas pour qu’il donne son spectacle Ex Anima pendant l’été. En mai, la mairie s’est félicitée d’avoir répondu promptement à la dénonciation du fait qu’un lion en cage était utilisé pour le spectacle du roi lion à la patinoire de bordeaux. Mais que faisait un lion sur la glace en premier lieu, sans que la mairie soit au courant ?

Début juin, le vœu proposé par Code Animal a été soumis par Pierre Hurmic et les élu·es EELV, et refusé sans ouvrir la discussion par Nicolas Florian et Fabien Robert avec leur majorité, toujours sur la base des mêmes arguments moisis. Nous avons alors lancé une pétition papier, que nous avons fait signer dans la rue Sainte Catherine à Bordeaux à plusieurs reprises, et lors d’une Charity Pot Party au magasin Lush le 14 septembre, pour atteindre plusieurs milliers de signatures papier demandant à la mairie de revoir sa position. Malgré plusieurs relances, nous n’avons plus reçu aucune réponse de la mairie.

En octobre, nous avons répondu à l’appel de Paris Animaux Zoopolis en organisant une manifestation devant le salon des comités d’entreprise, auquel participait Proweb CE (organisme de vente de billets pour les comités d’entreprise) ainsi que des représentants de cirques avec animaux. Un représentant du cirque Arlette Grüss a agressé une militante à la fin de la manifestation, sans représailles judiciaires pour l’instant.

Avec l’élection de Pierre Hurmic comme maire de Bordeaux en 2020, on peut s’attendre à ce que le vœu passe bientôt – et à ce que ça aide le gouvernement à enfin se décider, après que les ministres de la transition écologique se sont succédé, annonçant des mesures pour la faune sauvage captive pour l’été 2019, puis pour l’automne, avant d’arrêter de donner la moindre nouvelle. Nous espérons que ces mesures incluront l’interdiction des reproductions et des nouvelles acquisitions dans les cirques, avec l’idée d’une interdiction à terme de l’utilisation des animaux dans les cirques.

Les autres sujets

Les autres sujets ont occupé proportionnellement moins de temps dans notre année, mais n’ont pas été délaissés.

Le 7 avril, nous avons collaboré avec L214 pour la Journée Mondiale pour la Fin de la Pêche, avec un happening et un stand d’informations sur les quais. Le 5 juin, nous avons poursuivi cette collaboration en invitant, à l’initiative de L214, Sébastien Moro pour une conférence sur les poissons.

Le 26 mai, nous avons collaboré avec l’antenne bordelaise d’Anonymous for the Voiceless pour combiner des vidéos et un happening autour de l’expérimentation animale. Le happening a été réitéré lorsque Défense Pyrénéennes des Animaux nous a invité·es le 7 septembre à Tarbes pour une journée sur le même sujet aux côtés de One Voice.

Le 31 mai, nous avons mis en place un happening sur la corrida, en collaboration avec le CLAC. Le 19 octobre, nous avons participé à la manifestation contre la fourrure organisée par le Parti Animaliste.

Enfin, nouveau sujet pour ACTA, et sujet relativement peu traité en France, nous avons organisé le 1 septembre un happening devant le spectacle de Bartabas à la suite d’une nouvelle collaboration avec Anonymous for the Voiceless autour de vidéos de divers modes d’exploitation des chevaux. Nous avions appris l’arrivée grâce à Fabien Robert (il aura au moins eu ce mérite). Deux semaines avant notre manifestation, un cheval est mort pendant le spectacle, nous avons donc reçu de nombreux témoignages par courriel et la manifestation a été mentionnée dans les médias. Après de longs échanges avec diverses personnes, nous avons été invités aux Assises de la Filière Équine le 7 novembre, pour un « face à face » avec Jocelyne Porcher, sociologue anti-végane.

Pour présenter ACTA et nos actions

Au-delà des actions de revendication, nous avons aussi participer à quelques événements destinés plus à faire connaitre l’association qu’à émettre des revendications ciblées. C’était par exemple le cas du Green Market, marché végane pluriannuel lancé en 2019, où nous avons souvent été présent·es, en alternance ou aux côtés du Parti Animaliste, d’Anonymous for the Voiceless et de L214. C’était aussi le cas à Cap Asso, événement organisé par la Mairie de Bordeaux le 22 septembre, permettant aux associations de se présenter au public – nous avons notamment eu l’occasion de présenter l’association et ses actions dans une mini-conférence le matin.

Côté médias, la Clé des Ondes et Radio Campus nous ont reçu·es pour présenter l’association et les actions, Sud-Ouest a organisé la rencontre déjà mentionnée avec Grüss, mais il s’agissait d’exceptions. Nous avons eu très peu de retours média sur nos actions.

Pour promouvoir l’association tout en mettant en avant les commerçants locaux, nous avons continué de mettre en place des partenariats avec eux, qui permettent aux adhérent·es de l’association d’avoir des avantages dans les boutiques ou sur commande.

Enfin, pour clarifier l’identité de l’association aux yeux du public, un flyer de présentation a été créé, ainsi que des roll-up et des banderoles pour l’affichage lors des actions.

Les supports de sensibilisation

Grâce à une subvention de Lush, nous avions un petit budget dédié à l’achat de matériel. À côté du renouvellement du matériel inutilisable que nous avions dans le box, nous avons donc fait imprimer des panneaux contre le cirque, contre l’expérimentation, contre la corrida… En particulier, nous avons fait imprimer une partie des très beaux panneaux de l’association VESEA.

Pour réaffirmer l’identité d’ACTA, nous avons créé une première série de badges disant « NON » à l’expérimentation animale, à la chasse, à la corrida, à la fourrure, à la pêche, aux cirques avec animaux, aux zoos. D’autres badges sont prévus, mais le travail bénévole est un travail au long cours…

Pour pouvoir aborder nos sujets de prédilection pendant l’année, nous avons mis à jour le site web et créé de nouveaux supports de sensibilisation :

La mise à jour des autres pages (corrida, chasse, fourrure, restaurants…) est prévue, mais là aussi, le travail bénévole a ses limites.

Bilan

L’année 2019 (avec sa préparation fin 2018) a donc été une grosse année, pour ACTA, avec presque une vingtaine d’actions, dont la moitié en collaboration avec d’autres associations, mais aussi un travail modeste de lobbying et un gros travail de recherche et de production de supports de communication et de sensibilisation. Côté budget, nous finissons l’année 2019 avec environ 400€ de déficit, sur un budget global d’environ 2000€. Les postes de dépenses principaux concernaient cette année les achats de matériel (tables, tonnelles, mégaphone, boites de transport…) et de supports de sensibilisation (roll-up, banderoles, dépliants…), ainsi que la location de Cap Sciences pour la conférence de Sébastien Moro. Nos ressources venaient uniquement, comme toujours, de vos adhésions, de vos dons et de vos achats de badges et autres goodies.

Il est difficile de connaitre l’impact concret de nos actions. Nous ne sommes pas une association qui intervient directement pour des cas de maltraitance ou d’animaux abandonnés. Nous ne pratiquons pas l’action directe ni l’infiltration dans des lieux d’exploitation. L’impact espéré relève donc plus du moyen terme, par la sensibilisation de la population, et de la collaboration nationale, par la pression politique et sociale. Nos actions devant les cirques étaient loin d’être seules en France. Toute l’année, des associations se mobilisaient pour faire bouger les choses, sur le terrain et sur le plan politique. Espérons que nos dirigeant·es se décideront à bouger, et que tout cela aura porté ses fruits. Notre participation aux Assises de la Filière Équine a donné lieu à de nombreuses discussions, et nous espérons là aussi que des lignes puissent bouger afin que la condition des chevaux et des juments s’améliore, ne serait-ce qu’un peu, faute de pouvoir espérer aujourd’hui une abolition de leur exploitation. La réflexion stratégique pour la suite peut se faire aussi avec vous, membres de l’association, et se fera dès que cela sera envisageable dans de bonnes conditions.

Fin 2019, Nicolas et Roxane sont partis vivre en Guadeloupe jusqu’à l’été 2021. La fréquence des actions en sera peut-être impactée pour cette année – bien que ce soit difficile à dire pour l’instant, vu l’impact de la pandémie – mais nous continuons les recherches pour produire de nouveaux supports informatifs, nous avons adhéré à Convergence Animaux Politique en juin 2020 pour amorcer un travail de revendications politiques plus concrètes, et nous annoncerons bientôt, pour le mois d’octobre, une double conférence que nous voulions organiser depuis un moment…

À suivre, donc.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *